2008年1月15日火曜日

A Taïwan, le Kouomintang s'impose au scrutin législatif

A Taïwan, le Kouomintang s'impose au scrutin législatif
LE MONDE | 14.01.08 | 14h52 • Mis à jour le 14.01.08 | 14h52
TAÏPEH ENVOYÉE SPÉCIALE

Le principal parti d'opposition taïwanais, le Kouomintang (KMT), favorable à un rapprochement avec Pékin, a massivement remporté, samedi 12 janvier, les élections législatives sur l'île en enlevant les deux tiers des sièges au Parlement, avec 83 sièges sur 113. Le Parti démocratique et progressiste (DPP) de l'actuel président Chen Shui-bian, issu de la mouvance indépendantiste insulaire, se retrouve marginalisé avec 27 sièges.


"C'est la pire défaite de l'histoire du DPP. Je demande vraiment pardon et je suis terriblement gêné", a déclaré M. Chen, qui a immédiatement démissionné de la présidence du parti. Au quartier général, où l'ambiance est sinistre, l'ancienne députée Bi Khim-hsiao s'alarme : "Cela va permettre au KMT de dominer la vie politique des prochaines années."

La défaite est d'autant plus amère qu'en modifiant lui-même le découpage électoral et le mode de scrutin, le DPP a amplifié sa propre défaite. Certains bastions que l'on croyait imprenables, notamment dans le sud de l'île, ont basculé dans le camp du KMT.

Le vote indépendantiste qui représente, en voix, 37 % du corps électoral, n'a pas permis de gagner de sièges. "L'"effet pastèque" (qui tombe d'un côté ou de l'autre)" du nouveau système a donné 72 % des sièges au Kouomintang, qui n'a récolté qu'à peu près 52 % des voix. Par ailleurs, en s'abstenant assez massivement de se prononcer sur les deux référendums proposés parallèlement - lesquels n'ont donc pas été validés -, les Taïwanais ont indiqué qu'ils n'étaient pas dupes des tactiques de diversion que ces référendums représentaient.

Le vote de samedi est d'abord un vote de sanction à l'égard du président Chen, qui doit quitter la scène politique en mai, après deux mandats présidentiels. On lui reproche d'avoir dramatisé le clivage entre Taïwanais de souche (85 % de la population) et Taïwanais originaires du continent (15 %), débarqués dans le sillage des troupes en déroute du "généralissime" nationaliste Tchang Kaï-chek, défait par Mao en 1949. Ses critiques ont également mis en cause sa tendance à chercher la confrontation plutôt que le compromis dans les relations avec la Chine continentale, aggravant ainsi l'isolement international de Taïwan.

Plusieurs affaires de corruption, impliquant notamment sa femme et son gendre, ont aussi terni son image d'ancien activiste pro-démocratie, l'un de ses principaux atouts pour mettre fin au règne du Kouomintang en 2000.

D'après Jean-Pierre Cabestan, professeur à l'université baptiste de Hongkong, cet échec est dû "à l'incompétence du parti, mais aussi à une détérioration de la situation économique. Tout cela a amené les Taïwanais à soutenir de manière massive le projet du Kouomintang, qui est un projet d'ouverture sur la Chine, certes, mais surtout de reconstruction de l'économie, qui ne peut se faire qu'avec une relation apaisée avec la Chine".

Le vrai défi pour le KMT, l'ex-parti nationaliste chinois, va être de gagner l'élection présidentielle du 22 mars. Son candidat est le très populaire Ma Ying-jeou, né à Hongkong, diplômé de Harvard, qui incarne la nouvelle garde du KMT. De son côté, le candidat du DPP, Hsieh Chang-ting, né à Taïpeh, n'a que deux mois pour achever sa prise de distance vis-à-vis du président Chen. Il va devoir convaincre les Taïwanais qu'il est le contre-pouvoir modéré et nécessaire à un Parlement complètement sous la coupe du Kouomintang.

Florence de Changy
Article paru dans l'édition du 15.01.08.
 

A Taïwan, le parti d'opposition triomphe lors des élections législatives

A Taïwan, le parti d'opposition triomphe lors des élections législatives
LEMONDE.FR avec AFP | 12.01.08 | 16h31 • Mis à jour le 12.01.08 | 16h37


AP/Wally Santana
Un partisan du Kuomintang fête la victoire de son parti aux élections législatives du 12 janvier à Taïwan.

A Taïwan, le Kouomintang, parti d'opposition favorable à un rapprochement avec Pékin, a remporté une large victoire lors des élections législatives, en obtenant 81 des 113 sièges du Parlement, a annoncé la commission électorale samedi 12 janvier. Le parti du président Chen Shui-bian, le Parti démocratique progressiste (DPP), a lui subi un grave revers en remportant seulement 27 sièges dans la nouvelle assemblée, tandis que de petites formations alliées du Kouomintang (KMT) ont décroché un total de 5 sièges, selon le président de la commission.


Le président Chen Shui-bian, qui est un fervent partisan d'une politique d'indépendance vis-à-vis de la Chine, a concédé sa défaite, qu'il a qualifiée de "pire revers" dans l'histoire de son parti. Il a ajouté qu'il en assumait "toute la responsabilité" et a annoncé sa démission "immédiate" de son poste de président du DPP.

"NOUS RESPECTERONS LA MINORITÉ AU PARLEMENT"

Avant même que la commission électorale n'annonce les résultats, Wu Poh-hsiung, le président du Kouomintang, avait revendiqué la victoire de son parti. "Je promets que nous n'abuserons pas du pouvoir que nous donne la majorité, mais que nous l'utiliserons à stabiliser la société et à unir le peuple, et que nous respecterons la minorité au Parlement", s'est exclamé M. Wu. Cette victoire du Kouomintang confère un sérieux avantage à son candidat pour l'élection présidentielle du 22 mars, l'ex-maire de Taipei Ma Ying-jeou, face à celui du parti du chef de l'Etat Frank Hsieh ; Chen Shui-bian ne pouvant, lui, se représenter à l'issue de son second mandat.

Le Kouomintang a été au pouvoir pendant 51 ans à Taiwan jusqu'à l'élection en 2000 de M. Chen, récemment touché par un vaste scandale de corruption. Le parti du chef de l'Etat pâtit en outre d'un ralentissement de l'économie et d'un taux de chômage élevé dans cette île de 23 millions d'habitants.

Sous son nom officiel de République de Chine, Taïwan a perdu en 1971 son siège à l'ONU, qui a été attribué à la Chine populaire, dont elle avait fait sécession après la guerre civile de 1949, quand les nationalistes de Tchang Kaï-chek avaient dû fuir devant les communistes. Pékin considère l'île rebelle comme partie intégrante de son territoire et envisage de la réunifier à la "mère patrie", y compris par la force.